L'idée d'économie de marché est a été appliquée pour créer les marchés financiers virtuels il y a longtemps, au départ pour de bonnes raisons d’allocation de capital et de connaissance des prix par tous les acteurs. En fournissant de manière transparente le prix de biens économiques majeurs (céréales, énergie, or, etc.), le marché financier permettait d’éviter des manipulations de la part des agents les mieux renseignés. En donnant de plus accès à d’autres placements financiers, il a aussi permis de fournir du capital aux projets risqués qui en avaient besoin. Le capitalisme a profité de ce type de marché virtuel pour en retirer encore plus de pouvoir, en jouant sur la théorie de perfection de l'économie de marché et sur la faiblesse des hommes à la recherche de rendements élevés et de liquidité. Les marchés financiers hyperconcurrentiels dirigent donc maintenant les prix. Un système électronique de fixation des prix fonctionne en exagérant l’idée que la concurrence serait la seule et unique solution pour obtenir le prix juste, le prix vrai.

 

Les marchés financiers ont suivi l'idée de perfection néoclassique de l'économie de marché, où la concurrence infinie devait créer la liberté la plus grande et donc les prix les meilleurs alors qu’elle crée le chaos, une instabilité des prix qui se répercute sur l’économie dans son ensemble. Encore plus, l’informatisation des échanges a permis de créer des transactions à vitesse très élevée (le très connu high frequency trading) qui n’ont plus aucun sens par rapport à l’économie réelle, au temps de traitement humain de l’information, à la production, à la consommation des individus. Les prix sont fixés maintenant par les marchés financiers bien trop concurrentiels et rapides. Corriger ce système financier excessif est aussi un avantage de l'économie de pouvoir, abandonnant l'idée de perfection et de concurrence maximum.

 

Un équilibre nouveau est l'objectif, fait de concurrence et de coopération et destiné à maximiser la liberté réelle des hommes et ainsi l'efficacité du système. La fin de la volatilité des prix n’épuisera plus les entreprises et agents à se couvrir contre des variations de prix excessives et permanentes, à changer leur production pour finalement réussir simplement à créer un peu de stabilité dans des prix devenus fous. La temporalité des marchés financiers n’a plus rien à voir avec celle de l’économie humaine réelle. Elles sont à ce point décorrélées que les marchés financiers sont devenus néfastes. Quel est l'intérêt d'un prix variant à la milliseconde (ou à la seconde, minute et même heure dans certains cas) ? Le blé est semé des mois avant la récolte et planifié souvent sur des années, la réalité et l'homme ont des temps de décision et de travail bien plus lents que les marchés financiers. Les décisions des entreprises sont prises pour des années et non basées sur les variations à la minute du cours de bourse. Le marché financier défaille.

 

L'économie de marché doit donc être orientée vers un équilibre nouveau, fait de concurrence et de coopération et destiné à maximiser la liberté réelle des hommes et ainsi l'efficacité du système. La fin de la volatilité des prix n’épuisera plus les entreprises et agents à se couvrir contre des variations de prix excessives et permanentes, à changer leur production pour finalement réussir simplement à créer un peu de stabilité dans un monde de prix devenus fous. La temporalité des marchés financiers n’a plus rien à voir avec celle de l’économie humaine réelle. Elles sont à ce point décorrélées que les marchés financiers en sont devenus néfastes.

 

Le marché financier est l'exemple le plus remarquable d'un excès de concurrence et de ses résultats négatifs. Plus la concurrence est intense et sans barrières, plus le rapport de forces devient instable et plus le prix peut osciller en fonction des variations rapides et intenses des rapports de force. Il ne s'agit pas d'un plaidoyer pour le monopole ou l’oligopole, au contraire, mais la concurrence ne doit pas être trop importante car elle en devient néfaste. Le capitalisme malade développe des monopoles, des oligopoles ou autres pratiques anti-concurrentielles et il œuvre dans le même temps dans un marché financier dévasté par l'erreur d'une concurrence maximale. Eviter ces deux extrêmes en même temps, concurrence absolue ou absente, pour atteindre une concurrence suffisante permet liberté des acteurs et stabilité des prix. Un certain niveau de concurrence se révèle nécessaire pour éviter les abus du capitalisme, autant qu'un certain niveau de coopération. L’orientation vers un maximum de concurrence n’est pas une solution. Elle est un autre problème, tout aussi grave.

 

Un nombre suffisant d’acteurs en concurrence dans un multipole est donc préférable afin de conserver la capacité pour les partenaires d’échange de faire défection et éviter les ententes. Entre oligopole et concurrence atomisée, un équilibre existe, équilibre qui fait écho à cette idée d'excès ou de manque de concurrence. La coopération existe au sein de l'économie de marché, elle doit complémenter la concurrence, chacun à un niveau suffisant et réaliste. La coopération comme la concurrence ont leur place au sein de l'économie de marché pensée de façon réaliste et équilibrée, au sein d'une équinomie.

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